
Il faut bien avouer que dans le rap français, les albums qui emmènent un peu de fraîcheur au genre sont rares (et le deviennent de plus en plus), alors, quand on a la chance d’en voir un qui arrive, on se jette dessus. C’est donc avec beaucoup d’espoir que j’ai écouté le premier album solo de Féfé : « Jeune à la retraite ».
Si ce nom (ou alors la voix) vous dit – peut-être – quelque chose, c’est normal. Féfé (anciennement Féniksi) était membre du feu-Saïan Supa Crew et d’OFX (avec Vicelow, lui aussi membre du SSC. D’ailleurs je vous recommande plus que vivement leur album « Roots« ). Je préfère vous prévenir, si vous êtes allergique à la musique du groupe, je pense que ce n’est pas la peine de jeter une oreille sur cet album. Les sonorités sont dans la continuité de ce que faisait le SSC, tout comme les thèmes abordés.
Car comme à l’époque, Féfé nous livre un disque à priori chaleureux et ensoleillé, remplis de sonorités reggae et zouk (même s’il lui arrive de nous faire des chansons intimistes à la simple guitare sèche). C’est en se penchant sur les paroles que l’on comprendra que Féfé parle aussi des sujets qui fâchent, même si l’humour reste omniprésent (« Miss wesh wesh yo« , « Clichés« ). La chanson phare « Dans ma rue » est le parfait exemple de ce mélange discordant entre la forme et le fond.
En parlant de fond, les thèmes sont variés et changent du classique « c’est pourri dans ma cité ». Il faut dire que comme le suggère le titre, Féfé a pris de la bouteille. A plus ou moins 34 ans, il n’est plus le « jeune loup » de ses débuts, et cela se ressent forcément dans ses textes : entre le temps qui passe (« jeune à la retraite« ), la peur d’être père (« Etre père« ) ou son indépendance (« VPC« ), il y’en a pour tous les goûts. Tous les sujets ne sont pas toujours extrêmement bien traités (comme le racisme dans « Pause« , traité de manière un peu simple) mais l’ensemble reste tout de même très agréable à écouter.
Fans du SSC, vous retrouverez sans aucun doute dans cet album ce que vous aimiez chez le groupe : musique aux accents plus funkys qu’habituellement, des textes originaux, bien écrits avec des thèmes variés. Dommage que l’album soit si court (seulement 11 chansons), car sans devenir un « classique », il emmène réellement un peu de neuf et de soleil dans le ciel bien morose du rap français. Merci qui ?
La même chanson en live à taratata ici
Avis, test et critiques en tout genre sur l'actualité, le sport, les nouveautés technologiques. Nous donnons simplement notre avis. Humour et mauvaise foi sont au rendez-vous.
Medvih
janvier 15th, 2010 le 20:54
L’album est dispo sur deezer ! Ça fait du bien aux oreilles !