Thriller

Vous ne le savez peut-être pas mais Michael Jackson est mort la semaine dernière. Et tandis que des petits malins revendent les places pour assister à sa dernière cérémonie à prix d’or (la preuve qu’Ebay a toujours un intérêt), on peut se dire qu’il s’agit réellement d’une page qui se tourne, car on enterre celui qui gardera sans doute à jamais le record du nombre d’albums vendus.

1982. L’album « Thriller » sort. C’est immédiatement un immense succès avant de devenir l’album le plus vendu de tous les temps (avec la bagatelle de 104 millions d’albums vendus). Le « roi de la pop » mérite alors son surnom. Plus de 20 ans plus tard, le record tient toujours et on peut raisonnablement se dire qu’il le restera à jamais. En effet, avec l’arrivée d’Internet et des téléchargements divers et variés, comment imaginer qu’un album puisse de nouveau aussi bien se vendre ?

Et ce n’est sans doute pas la merveilleuse loi Hadopi 2 qui changera la donne. A croire que le gouvernement n’a toujours rien compris (ce qui semble être le cas). On pouvait espérer que les nouvelles têtes emmènent de nouvelles idées mais apparemment, les convictions présidentielles sont les plus fortes…La répression est donc toujours mise en avant dans le projet, à grand coup d’amendes, de coupures de connexions et de prison.

Plutôt que de chercher un nouveau modèle économique, l’industrie du disque se comporte en dinosaure et tente tant bien que mal d’empêcher le média (et comment on le consomme) d’évoluer. Internet a complètement changé la donne mais il semble que personne n’ait rien vu venir. Michael Jackson est mort, et avec lui c’est toute l’époque dorée des majors de disque qu’on enterre. Par contre, il s’agit plus d’une mort lente que d’une crise cardiaque pour ces derniers.

Pendant ce temps, La Quadrature du Net, le Samup, l’UFC-Que Choisir et le collectif pour le Cinéma proposent la création d’une plateforme « Création Public Internet« . Celle-ci remet au gout du jour la licence globale. L’idée est simple : avec 5 euros de plus sur chaque abonnement internet, il est possible de récupérer environ 1,2 milliards par an. L’argent est ensuite redistribué aux artistes suivant un système d’audience tandis que les internautes peuvent télécharger tranquillement. Même si ce procédé n’est pas parfait, il a au moins l’avantage de tenter de satisfaire l’ensemble des acteurs. Une grande réunion est d’ailleurs prévue à la rentrée pour aller dans ce sens. Une idée dont le gouvernement ferait bien de s’inspirer.