
Dans la catégorie « petit film indépendant à regarder chez soi en DVD », je vais piocher et vous parler de « Frozen River« , premier film de l’américaine Courtney Hunt. Doté d’un petit budget et tourné en numérique, ce film nous conte une autre Amérique, loin des clichés de réussite générale. Jetons un coup d’oeil dans cette région où il fait froid.
Nous voici donc dans le très nord des Etats-Unis, au bord de la frontière avec le Canada. Vivant avec son mari et ses deux fils dans un préfabriqué ressemblant à une caravane, Ray va enfin pouvoir s’acheter la maison de ses rêves. Mais son mari part avec l’argent et Ray se retrouve seule avec ses deux enfants et sans ressources. Elle rencontre alors Lila, jeune mère célibataire d’origine indienne qui lui propose (enfin, proposer n’est pas vraiment le mot, c’est plus compliqué que ça mais je ne vais pas tout raconter non plus) de faire équipe avec elle. Leur but ? Faire entrer illégalement des immigrés clandestins du Canada via le St-Lawrence, fleuve passant dans la réserve indienne qui gèle complètement l’hiver.
Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’une comédie, le ton général est grave et les différentes personnes cherchent avant tout un moyen de survivre. Car on entre ici dans l’Amérique d’en bas, loin de l’univers flashy que l’on nous dépeint souvent. Ici, la fin justifie les moyens, et c’est la tête rivée vers sa maison que Ray va aller de l’autre côté du fleuve gelé chercher les immigrés. Le film ne s’attarde pas sur ces derniers, si Ray se demande parfois qui ils peuvent être et comment ils arrivent jusque là , elle ne se laisse pas attendrir pour autant et les considèrera toujours comme une monnaie d’échange.
Même s’il montre de nombreux défauts de l’Amérique (immigration, pauvreté, condition de vie des indiens…), le film ne se mélange pas les pinceaux et parvient à nous émouvoir tant la condition des uns et des autres semble précaire. La réalisation est simple et sobre, mais parvient à nous tenir en haleine dans cette course vers l’argent. Et si l’on se sent tellement impliqué par cette histoire, c’est peut-être qu’il ne s’agit pas d’avoir des millions en braquant une banque, mais simplement de réunir quelques milliers de dollars pour avoir un toit.
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