Ponyo sur la falaise

La sortie d’un nouveau Miyazaki (père) est toujours un petit événement pour tout amateur de films d’animations. Il faut dire que depuis « Le château dans le ciel« , celui-ci nous a habitué à de très belles fables, titillant souvent et embrassant parfois le statut de chef d’oeuvre. Sortant de sa retraite, Miyazaki a sorti son nouveau film « Ponyo sur la falaise » (j’avoue que ce n’est pas son meilleur titre), sorti récemment sur nos écrans, est-il à la hauteur de ses précédentes productions ?

Grincheux oblige, je vais tout de même commencer par un petit coup de gueule. Ce film n’est pas sorti depuis très longtemps au cinéma, pourtant lorsque je suis allé le voir avec ma dulcinée, nous nous sommes retrouvés seuls dans la salle. Cela n’est pas gênant en soi (il est même agréable de n’être dérangé par aucun bruit de pop-corn et autres téléphones) mais montre le peu d’intérêt porté par le public français pour ces films d’animations japonais, qui le méritent pourtant. La faute peut-être à une absence totale de publicité

Nous allons maintenant pouvoir attaquer le film à proprement parler, celui nous conte la rencontre entre Sosuke, petit garçon de cinq ans vivant au bord de la mer et Ponyo, un petit poisson rouge vivant dans la mer. Enfin, plutôt une princesse poisson rouge possédant quelques pouvoirs magiques. Après que Sosuke ait sauvé Ponyo qui allait s’étouffer dans un pot de confiture, celui-ci lui promet de toujours veiller sur elle. Mais son père Fujimoto, un ancien sorcier humain vivant au fond de la mer, souhaite récupérer sa fille. Mais désormais son choix est fait : celle-ci souhaite devenir humaine.

Bien que s’inspirant librement du conte « La petite sirène« , Miyazaki y appose sa patte. Nous retrouvons ainsi ses thèmes de prédilection : l’écologie tout d’abord qui est en fond durant tout le film, servant même à faire rencontrer les deux héros, mais surtout les rapports humains, présents ici sous toutes les coutures. On y retrouve les rapports mère-fils entre Sosuke et Lisa, père-fille entre Ponyo et Fujimoto mais aussi intergénérationnels entre Sosuke et les vielles dames de la maison de retraite. Mais le principal reste le lien qui unit Sosuke et Ponyo : un Amour pur et innocent, qui devra surmonter bien des épreuves pour pouvoir survivre.

Graphiquement éblouissant (le studio Ghibli n’a décidemment rien perdu de sa superbe), « Ponyo sur la falaise » est une superbe fable. Miyazaki parvient encore une fois à insuffler de la poésie et une certaine folie qui rend toutes ses créations aussi attachantes. Les personnages le sont tout autant, qu’ils soient humains ou non (incroyable humanisation des animaux…) et la partition de Joe Hisaichi marque une nouvelle fois un sans faute, comme à son habitude. Pourtant, il y’a un petit « mais » cette fois-ci. Il manque peut-être le petit côté obscur que possède les plus grandes d’oeuvres du maître (Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, Nausicaa…) mais ne vous inquiétez pas, vous sortirez une fois de plus avec un sourire béat sur le visage, et la sensation d’avoir assisté à un très grand moment de cinéma.

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