
Pour tout amateur de rap français, la sortie d’un nouvel album de Mr Oxmo Puccino est attendue avec une impatience non dissimulée. Il faut dire qu’il est peut-être le seul qui arrive à évoluer avec l’âge sans radoter, tout en possédant son univers propre. Et après avoir superbement réussi le mélange rap-jazz dans l’incontournable « Lipopette bar« , le voilà qui revient dans un style plus classique dans « L’arme de paix« .
Dés les premières notes un constat s’impose : on est loin des standards rythmiques actuels. Ici la mélodie prime, l’ambiance est calme et le style d’Oxmo toujours aussi posé. Point de cris annonçant le nom du rappeur ou son département, mais simplement le bruit d’une aiguille qui sert de base à la chanson. Le thème est alors tout trouvé : le temps, à plus ou moins 30 ans Oxmo se questionne sur ces années qui passent et leurs conséquences.
Une des grandes forces d’Oxmo Puccino est qu’il ne cherche pas à tout prix à faire du rap. Il se libère ainsi des thèmes basiques du genre pour en explorer d’autres, la cité laisse donc sa place à un « soleil du nord » où les violons nous indiquent que cet album dépasse les frontières du hip-hop. On savait depuis le début qu’Oxmo était différent des autres rappeurs, sa plume indiquant dès Opéra Puccino un univers à part, désormais la musique le rattrape et ceci devient une évidence.
Musicalement donc, l’influence jazz du Lipopette Bar se fait sentir à plusieurs niveaux, une des plus importantes étant l’utilisation de vrais instruments et pas seulement de samples et autres boites à rythmes. Ceci donne une vraie chaleur aux instrus et celles-ci s’adaptent au rythme de la voix d’Oxmo Puccino. Cela permet aussi de varier considérablement les ambiances : nostalgique, légère, amoureuse ou limite paillarde (!).
Une plume toujours aussi affutée, des instrus très bonnes, des thèmes variés, cet album est-il parfait ? Presque, les refrains chantés par ses invités ont souvent tendance à casser un peu le morceau là ou la musique seule aurait semblée beaucoup plus appropriée, sinon l’ensemble est vraiment très bon. Reste à poser une question : cet album est-il toujours un album de rap ? Eh ben on s’en fout, Oxmo brise les barrières en même temps qu’il vieillit et murit, ce que très peu de rappeurs parviennent à faire.
Certains vont peut-être crier au scandale en entendant Oxmo pousser la chansonnette avec Olivia Ruiz, mais il s’agit une fois de plus d’un homme qui fait simplement ce qu’il a envie de faire et nous donne ici un hommage à Brel et autres Brassens ou Aznavour. Oxmo Puccino est définitivement passé dans la cour des grands interprètes, peu importe le style. Pour cela, disons tous bravo Mr Oxmo Puccino !
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billy
avril 1st, 2009 le 19:43
En lisant ‘article j’ai presque eu envie d’en écrire un autre pour contrecarrer cette critique beaucoup trop élogieuse à mon gout. Le seule point sur lequel je suis d’accord c’est que la qualité de l’écriture est nickel. Par contre pour les instrus c’est bien trop mou pour du rap (limite pousse au suicide). Je suis d’accord aussi sur le fait que les refrain sont mal choisis. Pas de commentaire quand au morceau avec Olivia ruiz.
Bref trop déçu, le niveau est bien loin du lipopette bar.
Si vous voulez écouter du rap je vous dirige vers Kery James et « le retour du rap français ». Le clip est dispo sur You Tubes.
Echtrik
avril 1st, 2009 le 19:49
Allez plutot voir le clip de Tragédie sur Youtube ! Du vrai rap du fond de la cité …
Medvih
avril 1st, 2009 le 23:44
Tragédie ya rien de mieux !!! La première écoute a été difficile, les textes sont là mais les mélodies manque de peps. Mise à part « Sur la route d’Amsterdam » feat Olivia Ruiz
Moby
avril 2nd, 2009 le 12:48
C’est marrant que t’aie cité Kery James Billy vu que j’ai failli le prendre comme exemple du rappeur qui n’évolue pas et nous sert les mêmes thémes depuis très longtemps : egotrip, cité et faut-se-bouger (mis à part « Si c’était à refaire » qui était une vraie bouffée d’oxygène)
Au moins deux formes de rap s’affrontent aujourd’hui : un qui évolue en cherchant d’autres formes de style (oxmo, rocé, hocus pocus) et un plus classique (kery james, booba, medine…). Les deux n’étant absolument pas incompatibles.
Pour moi, cet album d’oxmo représente une évolution qui change et fait du bien aux oreilles, après je comprends que le coté variet’ qu’a certaines chansons puisse en rebuter plus d’un.
Chubaka
avril 2nd, 2009 le 14:24
Suite à la lecture de cet article deux questions me taraudent:
- Moby se masturbe t’il en écoutant Oxmo, ou plus généralement, son genre d’homme est-il les gros black rappeur (JayZ, Oxmo, Mr T…)
- Que devient notre rappeur-hipopeur international MP?
Merci de m’éclairer