Gad Elmaleh

Parler de rien, et en faire rire, est tout un art. Et comme tout art il a ses icones, dont la plus célèbre reste le grand, l’immense, l’incomparable Jerry Seinfeld. Mais en France aussi, nous avons notre comique national dans cette épreuve : Gad Elmaleh. Après un dernier spectacle plutôt bon bien que très inégal, celui-ci nous revient avec « Papa est en haut« , alors que donne ce nouveau spectacle ?

Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps, vous l’aurez peut-être déjà compris en lisant le titre : c’est nul, ou en tout cas très mauvais, mais sans aucun doute très long et ennuyeux. Pour tout avouer, quand j’ai vu qu’il prenait la guitare pour nous refaire le coup du précédent spectacle, j’ai vite avancé et j’ai bien fait vu que ça durait jusqu’à la fin, un bon quart d’heure de sauvé c’est toujours ça. Au moins on ne pourra pas reprocher à Gad Elmaleh de ne pas faire le spectacle : il chante, danse, joue du piano et de la guitare, c’est simplement dommage qu’il oublie en chemin de nous faire rire.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dedans mais avouons qu’on sourit beaucoup plus qu’on ne rit (et on s’ennui plus qu’on ne sourit…). Gad Elmaleh repart dans le registre de l’observation mais il donne parfois l’impression de s’essouffler un peu, comme s’il manquait d’inspiration. Du coup, les sketchs durent très peu de temps et les passages où il boit ses bouteilles d’eau sont parfois plus longs. Finalement, le spectacle part un peu dans tous les sens sans qu’il n’y ait une réelle cohésion. Il nous signale au début qu’il vient de se séparer, qu’il est seul et qu’on ne le prend pas au sérieux en amour, mais tout cela est vite oublié et on en perd toute trace dès le milieu du spectacle.

Je me demande parfois si Gad Elmaleh ne se force pas à faire rire, si le comique n’est pas une sorte de voie de garage pour lui, pour preuve les passages chantés-joués qui semblent être ceux où il s’éclate le plus. Mais surtout, à chaque fois que je le vois invité dans une émission, il nous sort toujours des bouts de son spectacle sans jamais s’écarter de son chemin, comme s’il récitait. A la différence d’électrons libres comme Jamel, Eric et Ramzy ou Omar et Fred qui arrivent les mains dans les poches et sont drôles naturellement, sans se forcer. Gad Elmaleh, lui, semble s’être enfermé dans une bulle où tout semble propre et bien rangé.

Peut-être va-t-il lui aussi se reconvertir dans la bossa nova (il aurait bien raison puisque le disque d’Elie Semoun avait été un succès en terme de ventes), à moins qu’il ne parvienne à se renouveler, c’est en tout cas tout le mal qu’on lui souhaite. Par contre pour ceux qui aiment ce genre d’humour et qui veulent réellement se marrer, jetez-vous sur « I’m telling you for the last time » de Jerry Seinfeld (et je ne peux que vous conseiller sa série), qui est peut-être le spectacle le plus drôle que j’ai pu voir. De l’art, du vrai !