
J’avoue que je ne sais pas trop comment commencer cet article. Peut-être pourrais-je dire que définitivement, l’Amérique a, cinématographiquement parlant, une avance qui semble grandir de jour en jour. Les oscars de cette année ne se sont pas trompés en récompensant « Slumdog Millionaire » de Danny Boyle. Attention : chef d’Å“uvre.
A croire que nous somme gâtés en ce début d’année tant les grands films pleuvent : après un Morse que je vous conjure de regarder, The Wrestler et The Watchmen que je n’ai pas encore pu voir mais dont les critiques sont élogieuses, voici que Danny Boyle nous sort une bombe dont on ne sort pas totalement indemne.
Pour ceux qui ignorent tout du film, l’action se passe en Inde où un jeune illettré tout droit sorti des bidonvilles se retrouve dans l’émission « Qui veut gagner des millions » où il parvient jusqu’à la dernière marche. Suspecté de riche, il est interpellé par la police qui écoute son récit, comment connaissait-il toutes les réponses ?
Ce film retrace donc la vie de Jamal et de son frère ainé Salim au fil des questions. Depuis leur enfance jusqu’à nos jours, c’est donc sur des magnifiques plans de l’Inde que Danny Boyle nous conte la jeunesse d’une vie qui semble assez ordinaire, tout du moins vu de là bas. En passant d’une mère à une autre, Jamal entre dans le flot des enfants mendiants tout en rencontrant Latika, petite fille perdue comme lui qu’il n’aura de cesse de rechercher. Le superbe scénario (inspiré d’un livre) n’aura de cesse de nous tenir en haleine, et on ne peut que saluer la très bonne prestation des acteurs, tous très convaincants.
Mais ce film a aussi ce côté « coup de poing » qui fait qu’il vous reste dans la tête et vous force à réfléchir sur ce que vous avez vu. Dur de s’endormir après l’avoir vu. En effet, comment ne pas réagir face à cette enfance sacrifiée sur l’autel du profit de quelques-uns ? Comment rester de marbre face à cet envers du décor qui nous rappelle qu’à côté de la mégalopole que devient Bombay, de cette puissance économique et financière qu’est l’Inde, seul pays capable aujourd’hui de rivaliser avec la Chine sur ce point, à côté de toute cette richesse se crée un trafic inhumain de ces enfants nés du mauvais côté de la pauvreté.
Fable moderne à la réalisation impeccable (même si certains regrettent le montage rapide de certaines séquences), Slumdog Millionaire nous donne une belle leçon de cinéma et de vie. Film haletant, dont certains passages ne sont pas sans nous rappeler le superbe « La cité de Dieu« , mais aux doux accents de Bollywood. Le superbe générique de fin est d’ailleurs là pour nous le rappeler, nous indiquant que nous savions dès le début, et malgré nous, comment tout cela finirait. Après tout, c’est écrit.
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DavidM
mars 17th, 2009 le 11:32
Super Film, et comme tu le dis nous sommes bien gâtés en ce début d’année. Danny Boyle a réussi un exploit hollywoodien, bollywoodien, voire romanesque et culturel. Aussi son succès aux oscars a divisé l’Inde. Il y l’ »inde qui brille » qui se dit choqué de cette vision sale de l’inde qui est dépeinte et l’autre partie, la majorité, qui est contente de voir ainsi qu’on peut également montrer la pauvreté sans voyeurisme et rendre attachant ce lieu pourtant si peu touristique (pauvreté, mafia, prostitution), c’est en train de changer ça aussi…
Pakito
mars 22nd, 2009 le 14:46
Rien à ajouter pour cet article, si ce n’est que…. Bien résumé et TRES TRES BON film !