Dieudonné

Vous le savez peut-être déjà, à la rédaction des grincheux on aime bien (c’est peu de le dire) Dieudonné. Nous n’avons donc pas pu résister à l’envie d’aller le voir lors de son passage à Bordeaux pour son dernier spectacle : « J’ai fait l’con« . Qu’en est-il de ce dernier spectacle ?

Passons sur les railleries des collègues qui apprenaient que j’allais voir Dieudo, les « pourquoi tu finances le FN » ont fusé mais vous savez ce qu’on dit sur la bave du crapaud. Je ne me suis pas laissé convaincre (et puis j’avais déjà payé la place) et y suis allé avec Medvih mais sans Billy qui a préféré claquer tout son argent en Italie (en voilà au moins un qui ne subit pas crise). Pour tout ceux qui pensent que Dieudonné est un xénophobe (et un vrai de vrai !), je les invite à lire ces excellents articles réalisés par Anthokadi pour le site abcdrduson. Ils datent un peu et sont un peu longs, mais ils valent vraiment le coup d’être lus (ici et ici).

Mais revenons à nos moutons. Premier constat lorsqu’on s’assoie : l’assemblée est plutôt jeune (la moyenne devait se situer aux alentours des 30 ans) et de toutes les couleurs. Arrive alors monsieur M’Bala M’Bala qui démarre illico avec le baptême de son dernier fils par Le Pen. Billy vous avait déjà posté un extrait ici montrant ce sketch. Dieudo explique donc ce geste en expliquant qu’il s’agit d’un coup médiathique (« Vous savez combien ça coute une pub sur TF1 ? Là j’ai fait tous les 20H sans rien débourser ! »). Coup de pub ou pas, Dieudo tourne tellement l’affaire en dérision qu’on en rigole volontiers.

S’ensuit alors un long passage vraiment drôle sur son Cameroun natal où il va voir son papa. Dieudonné prend alors son air favori : faire celui qui se moque pour mieux sensibiliser. Ainsi les minorités camerounaises (et notamment les pygmées) en prennent pour leurs grades (« Vous achetez bien des nains de jardin ? C’est pareil, le seul inconvénient c’est qu’ils chient partout » ou encore « ils ne savent même pas ce qu’est un pouvoir d’achat, à quoi ça sert de vivre sans pouvoir d’achat ? « ). Dieudonné nous avait habitué à utiliser le personnage de son ancêtre camerounais pour nous parler de son demi-pays d’origine (son père est camerounais et sa mère française) mais c’est la première fois (en tout cas il me semble) qu’il en parle directement.

Cela permet de s’éloigner un peu de ses anciens spectacles, ce qu’il n’avait pas du tout réussi à faire avec le précédent (Dépôt de bilan) qui ressemblait plus à un « best of » de ses anciens sketchs. Mais les « démons » de Dieudonné sont toujours là et il nous le rappelle en faisant monter l’inévitable Jacky sur scène. Son rôle : demander pardon pour la « souffrance des souffrances » : le génocide. Parlons un peu de ce cas délicat : je ne pense pas (et je l’espère) que Dieudonné pense que les juifs n’ont pas souffert, mais il pointe du doigt le fait que cette souffrance semble surclasser toutes les autres, notamment l’esclavage. Un autre sketck sur l’Afrique, un rappel des douze procès qu’il a eu au cul (et gagné) et une chanson-hommage à Nogaro plus tard le spectacle se termine. Dieudo donne alors un numéro de téléphone pour qu’on puisse s’inscrire et avoir des infos ou autres invitations. Et voilà fini.

Que penser de ce spectacle ? Un peu court (à peine 1h20) mais tout de même bien drôle. Il remet Dieudo sur la bonne voie après un dernier spectacle un peu juste mais n’atteint pas les sommets que sont « Le divorce de Patrick » et « Mes excuses ». Mais même boudé par la télé et les moyens traditionnels, Dieudo parvient à garder la tête au dessus de l’eau, espérons qu’il continuera à nous faire rire, ça a l’air bien parti puisqu’il a déjà prévu un nouveau spectacle pour l’année prochaine.

Et pour ceux qui pensent qu’Elie ne peut plus voir Dieudonné, une petite vidéo datant de juin 2008 :