Gordon en chair et en métal

La réalité rattrape la fiction. Le scientifique anglais Kevin Warwick a réussi à doter un robot, appelé Gordon, d’un cerveau biologique. Ce dernier a été fait grâce à une « soupe » où ont été placées des neurones de rat. Ainsi Gordon parvient à prendre ses propres décisions et apprend petit à petit, comme un bébé.Mais parlons d’abord du scientifique, K. Warwick s’est déjà illustré en 1998 dans une histoire de puce implantée dans son bras. Autoproclamé « premier humain cyborg », il parvenait grâce à cette puce à contrôler l’ouverture de portes, le réglage du chauffage ou des lumières de sa maison. L’histoire ne dit pas si la puce lui servait aussi de télécommande mais sa femme s’était faite implanter elle aussi une puce (devenant la première femme cyborg ?), ce qui leur permettait de communiquer. L’homme a même prévu de s’implanter une puce directement dans le cerveau après ses soixante ans (en 2012).

Mais revenons-en à Gordon, la petite boule électronique. Mais comment a fait Captain Cyborg (nom donné à Warwick par ses détracteurs après l’aventure de la puce) pour créer (ou plutôt recréer) un cerveau biologique ? « Tout simplement » en prélevant des neurones de rat et en les plaçant dans une « soupe » composée de divers nutriments. “Dans les 24 heures, a expliqué le chercheur à l’AFP, des connexions ont poussé entre eux”, formant un réseau comparable à celui qui existe dans un cerveau normal. “En une semaine il s’est produit des impulsions électriques spontanées et ce qui paraissait être une activité de cerveau ordinaire.” Tout le monde n’est pas d’accord pour dire qu’il s’agisse des réponses d’un cerveau « ordinaire ». Certains chercheurs pensent qu’il s’agit plutôt d’une réponse pathologique d’un cerveau privé de sensations, d’autres font l’analogie avec l’état d’un cerveau durant une crise d’épilepsie.

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Pour permettre à Gordon d’utiliser son « corps », des électrodes font le lien « homme-machine » (au sens informatique) en jouant le rôle de nerfs. Ainsi l’équipe de Warwick affirme que le petit robot sait contrôler ses roues et se déplacer. Et là où un programme informatique fait bêtement ce qu’on lui demande, Gordon apprend au fur et à mesure. Ainsi, s’il se cogne contre un mur il changera de route de lui-même, sans qu’aucun programme n’entre en jeu. On appelle ça de l’apprentissage par la répétition. Pour que ce cerveau puisse « apprendre » plus vite, il faut le plus de neurones et de lien entre ces neurones possibles. Pour cela, les scientifiques stimulent le cerveau avec des impulsions électriques. Cela marche et on parvient aux 100 000 neurones. Pour info, le cerveau de rat en contient environ 1 million et celui de l’homme 100 milliards.

Quel est le but de tout cela me direz-vous ? Tenter de mieux comprendre comment le cerveau fonctionne, avec en ligne de mire l’appréhension de maladies telles qu’Alzheimer ou Parkinson. Pour cela plusieurs cerveaux sont créés par des équipes différentes et ont chacun leur propre personnalité. Et d’après Warwick : “C’est drôle, il y a des différences entre eux : il y en a un un peu violent, un peu actif. Un autre ne fera pas ce qu’on lui demande, il s’écrasera contre les murs. Chacun a sa personnalité !”. Profitons tant qu’on peut en rigoler car mal contrôlé, on voit d’ici toutes les dérives qui peuvent naitre de tels procédés.

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PS : oui il est très moche.