Après mon court (mais qui m’a paru une éternité) périple dans cette lointaine contrée qu’est le Jura, je me devais de vous faire partager cette magnifique expérience…

Forcé d’aller fêter les 60 ans et la retraite d’un ami proche de la famille je fus contraint et obligé de quitter mon nid douillé afin de ne pas passer pour le sans cœur de service.

Tout commence le matin du départ, réveillé avec la tête dans le cul à 6h30 pour un départ envisagé vers 7h30.Oui c’est tôt vous me direz mais les préjugés des rats des villes dont je fais partie (j’habite Bordeaux) me laissaient croire qu’il fallait au moins 12h pour parcourir les quelques 650Km de route périlleuses qui me séparaient de cette autre pays.

8h30 (oui on est loin du quart d’heure Bordelais), le voyage débute bien. Après 30min de route je me suis endormi laissant le volant à ma tendre et douce épouse. Mais il est fou !!! Me direz-vous. Les femmes au volant c’est le plus grand fléau de la terre !!! Et je partage bien votre avis c’est pour cela que je préfère dormir, ça m’évite de faire grimper ma tension et de chopper un infarctus. Et puis les à-coups ça me berce.

10h00, j’ouvre l’œil, rien d’intéressant je me rendors.

A 12h pose déjeuner on s’arrête, part le plus grand des hasard, sur une aire de repos tous près de Charolles. Pour les incultes c’est la mère patrie de la meilleure viande du monde le Charolais (d’où le nom) donc forcément je me suis senti obligé de commander… un poulet frittes! Alors que ma femme et mon père se sont délecté d’une délicieuse pièce du boucher (oui je faisait partie des incultes avant). Bref une histoire à oublier.

On reprend la route à 13h30 pour une heure plus tard arriver en terres ennemies. A ma grande surprise un préjugé de plus s’envola. Je pensais que le climat serait hostile mais le thermomètre affichait fièrement un 28° C. Je compris mais trop tard que c’était un piège quand une horde d’insectes surnaturels nous ont attaqués et sont venu s’empaler sur le capot et le pare-brise de la voiture faisant a chaque fois le bruit surprenant mais amusant « POC…». Ça m’aurait presque repeint la voiture avec les taches de sang de 5cm de diamètre laissées par les cadavres.

A part ça coté paysage, c’est toujours la même chose : des champs, des prés, des montagnes au loin et une maison de temps en temps. Même pas de vache (pour faire plaisir à Moby) ou une chèvre.

Arrivé chez nos hôtes au environ de 16h (oui je sais on est loin de 12h), je suis resté sur le cul quand j’ai vu les maisons du petit village (1000 habitants tout en comptant les chats, les chiens, et les poules) de « pauvres » agriculteurs qui se plaignent de la conjoncture, le gazoil et patati et patata… , mais qui vivent dans des baraques de 400 à 500 m² comptant 6 à 8 pièces avec pour la moitié d’entre elle une piscine sur un terrain d’un hectare.

Par contre question moyen de locomotion c’est dèche. On croise une voiture par heure sur les routes et c’est le tracteur avec remorque qui fait office de transport en commun. Même pas de locomotive à vapeur…

Les personne sont plutôt sympathiques et très accueillantes dans l’ensemble exception faites de celles qui vous disent avec leur accent (un mélange d’accent Ch’ti et d’accent Suisse) « Ha ben dis doooon t’i pas d’ici toi, ca s’vois tou’d’suite. C’est où ta campagne ?». Mais le comble, c’est qu’ils se sont même permis de nous dire que c’était nous qui avions un accent. Le monde à l’envers…
Le petit plus c’est que ce sont de bon vivant et qu’on y mange franchement bien (on ne peut pas avoir que des défauts).

Coté animations, là aussi faudra repasser, pas de terrain de foot, de basket ou de tennis. Les commerces se résument à une copie d’un La Foire Fouille (rien que d’imaginer l’original vous donnera un aperçu de la chose), une supérette, une boulangerie et le petit bar de village traditionnel. Le supermarché le plus proche se trouvait à 30 Km et je n’ai pas osé parler de fast-food sous d’être jugé coupable de corruption et d’endoctrinement de la jeunesse (qui d’ailleurs était quasi inexistante).

Je sais qu’il ne faut pas juger à la première expérience (même si j’adore ça) et que je n’ai vu qu’une petit parti de la région (et que ça ma suffit) mais le proverbe « c’est chez soi qu’on est le mieux » reste d’actualité (quand on a un chez soi bien sur ; big up aux sdf).